DÉCOUVRIR L’HISTOIRE DE MAUBEUGE

Les origines

Les origines de Maubeuge remontent au IIIe siècle après Jésus-Christ. Les Francs tenaient leurs assises judiciaires, les « Mahal », en un lieu appelé « Boden » pour discuter de l’élection d’un chef, entreprendre une guerre ou juger des différents entre tribus. Le siège de ces assemblées tenues une fois l’an devint «
Malboden ».

Ce nom fut transformé à l’ère médiévale par le baslatin en « Malbodium », lorsque Sainte-Aldegonde fonda un monastère vers 661, au milieu de la forêt marécageuse des bords de la Sambre. Sainte-Aldegonde 
devient alors la mère fondatrice légendaire de notre ville.

Sainte-Aldegonde

Le monastère fondé par Sainte-Aldegonde fut détruit au IXe 
siècle par les Normands et au Xe siècle par les Hongrois puis l’archevêque de Cologne le transforma en un chapitre noble et séculier. Ainsi, pendant près de huit siècles, des chanoinesses issues des plus nobles familles européennes sont venues à Maubeuge.

Du Xe siècle à la fin du XIIIe 
siècle, Maubeuge fut une cité drapière réputée. Malheureusement, sous le 
règne de Jean II d’Avesnes qui imposa des taxes trop lourdes, cette industrie très prospère entra en décadence, pour cesser définitivement en 1478 après l’incendie de la ville par Louis XI.

La ville de Maubeuge fut, jusqu’à son rattachement à la France en 1678, saccagée et pillée plus de vingt fois. Elle fut comprise dans le royaume d’Austrasie que gouvernait la reine Brunehaut, puis fit partie du Comté du Hainaut sous les premiers rois carolingiens. En 843, lors du partage des états de Louis le Débonnaire, la ville passa dans le royaume de Lotharingie et fut rattachée avec le Hainaut en 870 au royaume de France par le traité de Mersen. En 925, le Hainaut devint province indépendante, gouvernée 
sous la suzeraineté des empereurs d’Allemagne jusqu’en 1425. La province passa aux ducs de 
Bourgogne jusqu’en 1477, à la Maison d’Autriche de 1478 à 1513 et à la Maison d’Espagne de 1513 à 1678.

Le traité de Nimègue

Maubeuge fut définitivement rattachée à la France en 1678 par le Traité de Nimègue, qui mit fin à la guerre de Hollande opposant le royaume d’Espagne au royaume de France. La ville va alors vivre une période de calme relatif, Louis XIV ayant chargé Vauban, en 1679, d’en faire une place forte, à la fois offensive et défensive, au point le plus exposé de la frontière de la France. Ainsi de 1679 à 1685, l’emploi de plus de 8 000 hommes, 120 000 m³ de terres et de pierrailles, 189 000 m³ de maçonnerie ont été nécessaires à la construction des remparts. La Manufacture d’Armes, créée en 1701, travailla à l’armement des troupes françaises, notamment durant la Révolution et l’Empire. Elle fut supprimée en 1836.

Maubeuge, engagée au service de la France, connaîtra une vie plus paisible au cours du XVIIIe siècle. 
Mais cet intermède dure peu car la place forte ne tarde pas à subir les conséquences des guerres de la 
Révolution et de l’Empire. En 1792, les Autrichiens se heurtent aux avant-postes de l’armée du Nord, 
réunie par La Fayette. En 1793, la ville est attaquée par les Autrichiens, mais la victoire de Wattignies, les 15 et 16 octobre, permet le déblocus du camp retranché par l’armée du Nord avec Carnot, Jourdan et Duquesnoy. D’après Napoléon, « ce fait d’armes est le plus extraordinaire de la Révolution ».

En 1818, l’économie de la ville redémarre. La révolution industrielle se concrétise dans le bassin de la Sambre qui facilite l’approvisionnement en charbon depuis Charleroi. Les hauts-fourneaux et les laminoirs se multiplient, notamment dans le quartier de Sous-le-Bois dès 1837.

Les remparts de Maubeuge

La reconstruction

La Première Guerre mondiale va éprouver à nouveau la cité sambrienne. En 1914, Maubeuge résiste sous la direction du Général Fournier et en 1918, elle sera délivrée par les Britanniques. Les destructions seront mineures.

La Seconde Guerre mondiale aura par contre un effet désastreux sur Maubeuge. Dès mai 1940, les 
Allemands incendient la ville à l’aide de grenades incendiaires, ce qui détruit le cœur historique de 
Maubeuge à plus de 90%. Le 2 septembre 1944, la cité est libérée de l’occupation allemande par les 
Américains commandés par le général Rose.

Commence alors la période de tous les changements : en effet, André Lurçat, nommé « Architecte en chef du bassin de la Sambre » par le Ministre de la reconstruction, va entreprendre une reconstruction de la ville sans précédent. André Lurçat propose un programme complet, basé sur l’utilisation des ressources premières du territoire pour favoriser la relance économique et la préservation du patrimoine ancien. Ainsi, il s’oppose au démantèlement complet des fortifications de Vauban. Attaché à gommer les disparités sociales intra-urbaines, André Lurçat fait table rase des tracés du passé, il abaisse le niveau de la ville haute et remonte celui de la ville basse.

Dès la fin de la guerre, plusieurs industries renommées sont venues s’installer dans la Bassin de la 
Sambre. Mais dès 1953-54, des difficultés surgissent, qui se précisent dans les années 60. De 1962 à 1968, le Bassin de la Sambre subit une forte récession. Il semble indispensable de reconvertir les activités et de les diversifier.

L’installation des usines Chausson en 1971, qui deviendront Maubeuge Construction Automobile, filiale de 
Renault, a donné un second souffle à l’activité industrielle de Maubeuge.

André Lurçat, architecte de la ville, expose son projet pour la reconstruction de Maubeuge

De la récession au développement

Le Bassin de la Sambre va connaître une période de récession de 1975 à 1990. Mais Maubeuge a su a entamé sa reconversion avec les industries de pointe, notamment par la création d’une ruche destinée à favoriser la création d’entreprises, le développement de l’enseignement supérieur avec un pôle universitaire spécialisé et les activités de recherche. Maubeuge dispose ainsi, sur la zone du Champ de l’Abbesse, de centre de recherches spécialisées dans les matériaux nouveaux.

Maubeuge a également accéléré sa reconversion en se dotant d’une structure culturelle sans précédent : le Centre culturel transfrontalier Le Manège. Cinquième Scène nationale, il propose une programmation éclectique.

Maubeuge propose aussi tout au long de l’année un large panel de manifestations sportives, culturelles et historiques.

Soucieuse de la préservation de son environnement et de l’amélioration constante de son cadre de vie, Maubeuge est la première ville-porte du Parc naturel régional de l’Avesnois. Ville fleurie reconnue au niveau régional, Maubeuge est avant tout une ville verte qui manie avec talent le concept de « ville à la 
campagne ».

L'usine Chausson
L'usine Chausson