

Vauban fait de Maubeuge la Sentinelle de la France
MAUBEUGE fut réunie définitivement à la France après la guerre de Hollande et la conquête des Flandres, en vertu de l’article XI du traité de Paix de NIMEGUE, en date du 17 septembre 1678, ratifié par le Roi de France le 3 Octobre, et par le roi d’Espagne le 14 Novembre.
Environ trois mois après la signature du traité, le 27 Décembre 1678, les troupes françaises entrèrent à MAUBEUGE.
La Ville va alors vivre une période de calme relatif, Louis XIV ayant chargé VAUBAN, en 1679, d’en faire une place forte, à la fois offensive et défensive, au point le plus exposé de la frontière de la France.
Ce plan, exécuté de 1680 à 1684, justifie vite son importance. Pendant la guerre de succession d’Espagne, la place forte favorise la manœuvre de Villars et Boufflers, pour tenter de secourir la ville de Mons assiégée. Les Français livrent une bataille héroïque les 10 et 11 septembre 1709, à MALPLAQUET, arrêtant la marche des troupes du Prince et de Marlborough, massés entre la Sambre et l’Escaut.
En octobre 1709 pour renforcer la défense de Maubeuge un camp retranché est créé sur la rive droite de la Sambre.
Après la victoire de Denain (24 juillet 1712) Villars conduit le siège du Quesnoy le 14 Septembre et entre temps vient se rendre compte de l’état des défenses de Maubeuge. Il visite la ville le 21 Septembre. Il repart ensuite au Quesnoy qui se rend le 4 Octobre.
MAUBEUGE, engagée au service de la France, connaîtra une vie plus paisible au cours du XVIIIe siècle. Mais cet intermède dure peu, car, sentinelle vigilante à la frontière la plus menacée du pays, la place forte ne tarde pas à subir les conséquences des guerres de la Révolution et de l’Empire.
En 1792, les Autrichiens se heurtent aux avants-postes de l’armée du Nord, réunie par La Fayette. Le sacrifice du Général Gouvion et des « Volontaires de la Côte d’Or » les stoppe à la Grisoëlle.
En 1793, la Ville est attaquée par les Autrichiens, mais la victoire de Wattignies, les 15 et 16 Octobre, permet le déblocus du camp retranché par l’armée du Nord avec Carnot, Jourdan et Duquesnoy. Ce « Fait d’armes », a dit NAPOLEON, « est le plus extraordinaire de la Révolution ».
Contre l’offensive des coalisés, en mars 1794, sur la frontière du Nord, la bataille de la Sambre, dès le 10 Mai, prend appui sur MAUBEUGE, et par la victoire de Fleurus, le 26 Juin, assure la conquête de la Belgique.
Attaquée par le duc de Saxe-Weimar en 1814, la place forte résiste victorieusement, sous les ordres de colonel SCHOULER, et l’ennemi est contraint de se retirer. Le 21 Juin 1815, après les Cent jours, MAUBUEGE est encerclée par 21.000 Prussiens et doit se rendre. Le Prince AUGUSTE accorde les honneurs de la Guerre à la Garnison.
Après l’occupation russe de 1815 à 1818, MAUBEUGE connaît une longue période de tranquillité et a la chance d’être épargnée par la guerre de 1870.
Il n’en sera pas de même lors des deux guerres mondiales.