Ville de Maubeuge

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La Reconstruction

I.S.A.I. avenue de la gare La caisse de securite sociale place de Wattignies Socle commercial avec habitation a l'etage Ecole Notre Dame de Grace, quai des nerviens Mail de Sambre Rue des Arts oeil de boeuf caracteristique Maubeuge avant-guerre Maubeuge apres la reconstruction

En mai 1940, le centre-ville de Maubeuge est incendié par les troupes allemandes. Le coeur historique est détruit à plus de 90%.

À la fin de 1944, André Lurçat est nommé urbaniste et architecte en chef de la reconstruction de la zone sud du département du Nord, et plus particulièrement de Maubeuge, par le Gouvernement Provisoire du Général de Gaulle.

Maubeuge est le site idéal pour une intervention urbanistique radicale. André Lurçat propose un programme complet, basé sur l’utilisation des matières premières locales pour favoriser la relance économique.

Arrivé à Maubeuge en 1945, Lurçat convoque les Maubeugeois à participer à « la Bataille de la reconstruction » et les invite à s’exprimer dans des « meetings d’urbanisme ». Puis il crée le Comité local d’urbanisme avec des représentants des corps de métiers, de syndicats, d’associations, et des sinistrés pour mettre au point le projet. Paradoxalement, Lurçat s’oppose au démantèlement complet des fortifications de Vauban malgré le grand nombre de Maubeugeois qui militent pour leur destruction. Il obtient leur classement au titre de Monument Historique en 1947.

Les travaux de la reconstruction commencent en 1948 et s’achèvent dix ans plus tard. 651 logements et 230 commerces sinistrés sont construits. Le niveau du sol est surélevé sur la rive droite de la Sambre et un réseau de rues est recréé sans tenir compte de l’ancien. Les îlots aérés respectent les proportions des rares maisons anciennes préservées. En effet, la hauteur des bâtiments est limitée à quatre niveaux. Au milieu de ces îlots, Lurçat a intégré des places plantées d’arbres car il voulait que la ville soit « claire, verte, moderne, aérée et ensoleillée ».

Lurçat a travaillé en collaboration avec vingt architectes, dont entre autres Henri Lafitte, Jean Badovici, Panos Djélépy, Maurice Gouvernet, Marcel Mélon, Joseph Ney, Pierre Boëns, Emile Fays et Armand Normand. Ils ont défini ensemble les plans et le choix des matériaux. Les éléments fonctionnels et décoratifs tels les porches, les cages d’escalier, les balcons, les loggias ou les auvents se retrouvent sur chaque édifice mais traités différemment. Ces éléments, dessinés par Lurçat lui-même, permettent de créer le lien entre tous les bâtiments reconstruits de la ville. Il réalise ainsi des éléments produits en série, notamment des encadrements de baies, qu’il appelle des « standards ». Ce langage architectural moderne se traduit également par des toitures-terrasses, des maçonneries lisses uniformément passées à l’enduit (la construction est en briques), la prépondérance des lignes horizontales et l’absence de décor.

André Lurçat conçoit lui-même les I.D.T. « Immeubles à Destination Transitoire » route de Valenciennes, les I.S.A.I. « Immeubles Sans Affectation Immédiate » avenue de la gare, la résidence du parc boulevard de l’Europe, des logements avenue Mabuse, l’église Saint-Pierre Saint-Paul, le Mail de Sambre, la Caisse de Sécurité Sociale place de Wattignies et l’école maternelle du Pont-Allant. D’autres projets seront dessinés mais ne furent pas réalisés (hôtel de ville, gare, écoles).

Sommaire

Vue sur la demi-lune de Mons et son Pont Dormant

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