Ville de Maubeuge

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Centre-Ville, histoire

Le quartier du Centre est délimité par les remparts au nord et leur souvenir, aujourd’hui matérialisé par les boulevards extérieurs qui entourent la ville.

L’origine du nom de Maubeuge a suscité de nombreuses hypothèses. Parmi celles qui ont été retenues, on peut en citer deux : La première s’appuie sur le fait que les Francs avaient envahi notre région par la Sambre et auraient baptisé la ville Mahal (assemblée) Boden (territoire). Cette souche aurait été latinisée en Malbodium après 673. La deuxième version évoque le ruisseau La Pisselotte qui se jette dans la Sambre dont le premier nom est Maubiguel qui aurait donné Maubeuge.

Toujours est-il que notre ville est clairement issue d’un monastère mérovingien fondé au VIIe siècle par Sainte Aldegonde. Selon la légende, celle-ci, dans sa quête de Dieu, avait fui le monde et, soutenue par des anges, aurait traversé le fleuve. Certains bâtiments de son monastère sont encore visibles de nos jours et notamment, le Chapitre qui abrite le lycée Notre-Dame de Grâce et la Chapelle des Sœurs Noires (Place Verte), le Béguinage ou Maison des Cantuaines (rue de la Croix). Le Trésor de Sainte-Aldegonde qui contient un magnifique reliquaire et divers objets sacrés se visite à l’église Saint Pierre-Saint Paul.

Les Chanoinesses possédaient la plupart des terres, bois, moulins et brasseries de la ville ainsi que la prison. La première enceinte du domaine disparaîtra dans un incendie à la fin du XVIe siècle. En 1339, le comte Guillaume autorise l’édification de nouveaux remparts plus vastes comprenant six portes et vingt deux tours sur trois kilomètres. En 1678, alors que ses fortifications ont disparu lors des attaques et des incendies successifs, Maubeuge est rattachée à la France par le Traité de Nimègue et devient un élément important de verrouillage de la frontière belge. Deux mois après la signature de la paix, Louis XIV commande les travaux de nouveaux remparts à Vauban. On procède à l’extraction des pierres au plateau de Falize et sur les hauteurs de Louvroil.

La main d’œuvre est recrutée parmi les paysans de la région, mais aussi en Italie : en tout 8.000 hommes sont logés dans des baraquements proches de la Porte de Mons pendant les huit ans qu’ont duré les travaux. Deux portes monumentales sont élevées : celle de Mons et celle de France (abattue en 1958) et ce remarquable exemple de l’œuvre de Vauban dans le Hainaut franco-belge est déjà visité par les touristes de l’époque. C’est aussi de cette période que date le patrimoine militaire de Maubeuge avec la construction des casernes dont le Manège et l’Arsenal font partie. Le tracé de la rue du 145e Régiment d’Infanterie n’a pas varié depuis Vauban. Elle a été appelée ainsi en 1950 en hommage aux régiments du Général Fournier qui ont perdu 300 hommes dans la défense de la ville pendant la Première guerre mondiale. C’est l’une des rares rues du Centre où subsistent des maisons anciennes. Elle menait aux casernes Joyeuse du nom du marquis Jean Arnaud De Joyeuse, officier sous Louis XIII et Louis XIV qui fut gouverneur de la place de Maubeuge. En 1959, la ville cède 40 hectares au Pont Allant à l’armée en échange du terrain des casernes pour y construire les Résidences De Joyeuse.

En 1619, les jésuites créent à Maubeuge un établissement d’enseignement qui prend le titre de collège royal en 1767. A la veille de la Révolution, il accueille 50 pensionnaires et 15 externes et la chapelle attenante est rebaptisée Salle Sthrau du nom du petit tambour héros de la Bataille de Wattignies.

C’est alors qu’il entre dans l’histoire par un épisode qui lui donnera son nom actuel : le collège de Maubeuge voit arriver des ingénieurs et des militaires parmi lesquels Coutelle et Choderlos de Laclos qui y construisent une machine volante fonctionnant grâce à la combustion de déchets organiques. Le ballon est lâché à l’automne 1793 avec, à son bord, Favereau, le gouverneur de la place qui peut ainsi observer la bataille de Wattignies qui mettra fin au blocus de Maubeuge. Jourdan s’en servira de nouveau quelques mois plus tard et gagnera la bataille de Fleurus.

Durant la Seconde guerre mondiale, le centre sera détruit à 95% par les allemands et le conseil municipal de l’époque fera appel à l’architecte André Lurçat qui reconstruira la ville dans sa totalité en développant un nouveau concept de cité : une ville fonctionnelle, ouverte et lumineuse. La reconstruction s’étalera de 1946 à 1958 et 651 logements, 230 commerces seront construits durant cette période. Dans les années 70 le centre vibrera au rythme de la kermesse de la bière accueillant d’innombrables stars. Les différents festivals, VIA, Folies, Jazz ont aujourd’hui remplacé cette fête populaire. Actuellement les travaux du conseil de quartier ont abouti à de belles réalisations comme la réfection de la toiture de la salle Sthrau, l’aménagement intérieur de la Porte de Mons transformé en Maison Folie et la réfection de la place Vauban. Le centre ville rééquilibre son activité économique en aménageant la zone de la gare, zone qui bénéficie elle aussi des avantages de la zone franche. Un cinéma de 9 salles s’est déjà implanté et d’autres activités de services et de loisirs occuperont à l’avenir toute cette partie du centre.

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