Ville de Maubeuge

Les Quartiers Faubourg Saint-Lazare

Faubourg Saint-Lazare, histoire

Séparé du centre-ville par le pont de la Porte de Paris dont les travaux d’élargissement datent de 1962 en vue d’un trafic de 30.000 véhicules par jour, le quartier est desservi par deux voies principales : la route d’Avesnes à l’est et l’avenue de Ferrière à l’ouest. Celle-ci abrite la chambre syndicale patronale, constituée en 1920, qui coordonna la mise en place, dès 1923, d’un régime d’allocations familiales, en 1940 des Intérêts Populaires et en 1943 de l’apprentissage.

Quelques illustres riverains ont marqué l’histoire de Maubeuge : le chansonnier Georges Dubut (1862-1945) dont la maison abrita en 1917 les coffres de la Banque de France. Dans son Journal d’un bourgeois de Maubeuge, il a tenu à jour la chronique de l’occupation allemande durant la Première guerre mondiale avec ses évènements tragiques ou cocasses. Dans Maubeuge en chansons, paru en 1899, il compose des chansons dépeignant les lieux et les gens avec tendresse et humour.

Autre habitant célèbre du quartier : Edmond Neuillès, dit Edmond Beuge, dont la maison fut incendiée par l’explosion de la Poudrière de Falize en 1914. Elevé au sein d’une famille modeste, il reste, selon ses propres déclarations « l’ami de l’ouvrier et du paysan dont il partage les jeux populaires ». Conseiller municipal, puis adjoint au maire pendant 38 ans, il tient des rubriques patoisantes dans le journal La Frontière et publie pour 50 centimes au profit des pauvres un Vocabulaire maubeugeois particulièrement savoureux, réédité en 1995 par les Amis du Livre. Pris en otage par les Allemands, il est déporté en Lituanie le 6 janvier 1918 avec « deux mouchoirs de poche, une serviette de toilette, un veston, deux chemises et un petit pardessus gris »… Il meurt de froid et d’épuisement dans la nuit du 15 janvier.

En empruntant la bien nommée rue du Glacis, on débouche sur la rue du Faubourg Sainte-Aldegonde. Bien que modeste, cette rue qui abrite la Chapelle du même nom, évoque la légende des origines de Maubeuge. Fille d’une famille noble mérovingienne, Aldegonde (630-663) voulait se consacrer à Dieu. Harcelée par le Prince Eudon, elle quitte à pied la résidence familiale de Cousolre et, se sentant poursuivie, elle dévale la côte mais se retrouve sur les rives de la Sambre.

C’est alors que deux anges, répondant à sa prière, la soutiennent et lui permettent ainsi de traverser le fleuve. Ce miracle, ainsi que le surgissement d’une fontaine aux pieds le la jeune fille, sont à l’origine de la vénération de la sainte qui fonda un monastère à l’origine de la naissance de la ville.
De l’autre côté de l’avenue de Ferrière, entre la rue du Chemin Vert et la rue du Faubourg Saint Lazare, la petite rue de la Machine Outil évoque l’époque de l’essor industriel de Maubeuge et, notamment la famille DANDOY. En 1816, se constitue la société Vautier et Compagnie, issue de la société Dandoy-Maillard. C’est sans doute une des premières usines construisant en France des machines-outils. Elle exporte sous la marque DML dans le monde entier les productions des usines de Maubeuge, Rousies et Ferrière-la-Grande.

Cette histoire se poursuit avec les noms de Sculfort et Fockedey qui, dès 1890 faisaient travailler plus d’un millier de personnes dans leurs usines et sont à l’origine de la fabrication du premier tour à commande numérique. Il faut y ajouter les établissements Muller et Pesant, fondés en 1860 (tours parallèles et machines pour les travaux de bois) transférée à Feignies et la société La Machine Outil, constituée en 1921 (machines à planer, cintrer ou rouler les tôles). Aujourd’hui ce quartier compte près de 1 000 habitants. L’avenue de Ferrière avec un trafic de 12 000 véhicules jour fait l’objet d’un projet de rénovation.

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