Ville de Maubeuge

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Faubourg Saint-Quentin, histoire

Si l’on remonte aux origines de Maubeuge qui, on le sait, aurait été fondée par Sainte Aldegonde, le faubourg Saint-Quentin devrait son nom aux bénédictins portant le nom de chanoines de Saint Quentin. Leurs noms apparaissent dans le testament de la sainte qui voulut ainsi les remercier de leur direction spirituelle des chanoinesses de Maubeuge. En 1870, on éleva une chapelle en l’honneur de Saint-Quentin et une vue du faubourg au XVIe siècle figure dans les célèbres albums de Croÿ.

La rue du Trieu au Vin évoque les vignes de Sous le Bois sur les hauteurs de Vieux-Mesnil ; (il en existe encore de modestes), célébrées auparavant chaque année à Grattières par un originaire de l’Aveyron, l’abbé BRAS qui hélas nous a quitté. L’édifice le plus ancien du quartier est sans doute le Moulin Tablette établi au lieu-dit « La Chapelle du Bon Dieu », que l’on se rappelle flanqué d’un vieux café et qui cessa son activité en 1880. Ruiné depuis de nombreuses années, il a été restauré par l’association de bénévoles de Monsieur Vasseur.

Le bâtiment Sculfort a été construit par Gustave Sculfort en 1852 qui, à l’âge de 27 ans succède à son beau-père Léandre Malliar, l’un des pionniers de la métallurgie du bassin de la Sambre avec René Dandoy. Dans cette usine, on fabrique de la quincaillerie et les premières machines-outils. L’entrée de son fils Henri avec Henri Fockedey développe considérablement l’activité de l’entreprise. Ils décident d’agrandir les ateliers pour en faire, sur 11 hectares, une unité de production avec fonderie, forges, modelage, atelier de quincaillerie et de petit outillage, fabrique d’étaux et atelier de construction de machines-outils. L’usine Sculfort ouverte en 1890 fait l’admiration générale. En 1891, Henri Sculfort décède, son fils, puis son frère lui succèdent.

Quand ce dernier disparaît, en 1914, 1.200 ouvriers travaillent aux usines. Durant la Première guerre mondiale, les occupants y font un dépôt et détruisent les machines.

En 1920, la société est prête à fonctionner à nouveau avec des machines pour grosses chaudières, des tours pour les roues de locomotives, etc…

Une publicité annonce : « Avec un tour Sculfort, cent pour cent de rapport » ! En 1947, la société Sculfort-Fockedey-Vautier et Cie emploie 967 personnes. Elle disparaît définitivement dans les années soixante, achevant une épopée industrielle exemplaire. Henri Sculfort, qui fut sénateur, président du Conseil Général et de la Chambre de Commerce fut le premier Maubeugeois à posséder une automobile. Sa maison était située à l’emplacement actuel de l’immeuble Prieuré, rue Vauban. Les plus anciens des Maubeugeois se souviennent sans doute de l’Hospice Saint-Nicolas, rue de l’Hospice. Celui-ci, bien que signalé par de grandes croix rouges sur le toit fut bombardé le 16 mai 1940. Les religieuses qui exerçaient alors dans l’hôpital sortent des décombres 4 jours après pour découvrir une ville réduite à un amas de pierres. (cet évènement dramatique est relaté dans les mémoires de Sœur Jeanne d’Arc, une sœur-infirmière qui a marqué l’histoire de Maubeuge).

Dès 1937, le projet d’un nouvel hôpital avait été établi par l’architecte André Dufau en face de l’actuel bâtiment. En 1947, le projet est réexaminé et développé. La première pierre est posée le 8 novembre 1953.

Après une coordination financière, administrative et technique difficile, l’ouverture des services va s’échelonner dans le temps : en 1961, le service maternité est ouvert et en 1962, suivent les services pédiatrie, médecine générale et les salles d’opération. Les noms des docteurs Virot, Fourdinier, Lefebvre, Georges, Couvreur restent encore dans les mémoires. Une école d’infirmières est créée en 1969 qui s’installera dans les bâtiments actuels en 1975 : c’est à présent l’Institut de Formation en Soins Infirmiers. En 1978, Madame Simone Veil, alors Ministre de la santé, vient inaugurer ce qui était le service de néo-natologie le plus moderne de France. Depuis, bien sûr, de nouveaux services ont été ouverts.

Pour ce qui est des autres réalisations du quartier, l’école du faubourg Saint-Quentin a été achevée en 1956, le Foyer des jeunes travailleurs Sangha, sous l’administration de la Caisse d’allocations familiales, a été inauguré en 1969 et enfin, la construction des 438 logements de la résidence ATHENA, rue Jean Jaurès, ont débuté en 1972 sur le site des anciennes Aciéries du Nord.

Ce quartier fort de 1526 habitants continue d’évoluer avec l’inauguration de la place Saint-Ghislain le 21 juin 2003, la réalisation de l’extension du gymnase Paillot en octobre 2005. De plus, ce quartier a vu la création d’une maison de retraite et l’aménagement de l’ancien bâtiment qui accueillait cette dernière en une maison des associations, occupée aujourd’hui par les unions locales de la CGT et de la CFDT et par d’autres associations comme l’union des anciens combattants et l’association ferrovière Sambre-Avesnois. La Luna et l’Espace Sculfort restent des lieux attractifs en matière de salons et de spectacles.

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