Ville de Maubeuge

Les Quartiers Sous-le-bois

Sous-le-bois

Sous-le-Bois signifiait jadis « de dessous le bois ». C’était un lieu planté d’une forêt qui couvrait environ 120 hectares et appartenait aux chanoinesses de Maubeuge. Le bois du Tilleul, en particulier, était très étendu. Au cours de l’hiver 1779, on en fait défricher une vingtaine d’hectares pour faire du bois de chauffage et permettre d’utiliser le terrain à l’agriculture. A la Révolution, le bois devient national.

C’est l’apparition de l’industrie, au XIXe siècle, qui change le paysage de Sous-le-Bois : en 1837, à l’angle de la Flamenne et de la Sambre, la Société des Hauts Fourneaux du Nord, dirigée par René Hamoir (qui a sa petite place, derrière l’église), construit deux hauts fourneaux, puis deux autres, suivis d’une fonderie, de laminoirs pour fabriquer des rails et de la tôle et des ateliers pour construire du matériel de chemin de fer. Enfin, deux hauts fourneaux supplémentaires viennent compléter l’ensemble industriel qui, en 1852, occupait environ 3 hectares sur un terrain de 25 hectares entre la voie de chemin de fer et la Sambre. Les matières premières sont importées du Borinage et les produits finis sont transportés, soit par chemin de fer, soit par péniche vers Paris. Le train joue un rôle providentiel en cette période de fantastique développement industriel : il transporte les matériaux, mais aussi les hommes et, en particulier, une main d’œuvre belge moins coûteuse à l’époque. Ces commodités de transport encouragent d’autres industriels à investir : c’est le cas de Monsieur De Dorlodot, fondateur de l’usine du Tilleul en 1844, (dont une partie des bâtiments abrite maintenant le lycée Notre Dame du Tilleul), de l’industriel belge Victor Dumont qui construisit l’usine de l’Espérance et ses corons en 1857 et des céramiques Boch en 1860.

Le nom de Senelle est celui d’un site du Bassin de Longwy, dans l’est de la France, où la société Hamoir a constitué une nouvelle usine sous le nom de Société Métallurgique de Senelle-Maubeuge. A côté de l’usine Senelle, on construisit, en 1913, une centrale électrique. Détruite en 1914, reconstruite et modernisée en 1930, elle est relayée dans les années soixante par la centrale de Pont sur Sambre mise en logistique avec le barrage EDF du Val Joly. Avec René Hamoir, c’est toute la physionomie du quartier qui va changer. En fonction des besoins de la population ouvrière salariée de ses entreprises, il fait tracer des rues, construire des maisons, bâtir l’église (l’église de Sous-le-Bois dont les charpentes métalliques imaginées par Monsieur Vopel, ingénieur des Hauts Fourneaux, furent confectionnées dans l’usine), le presbytère, le cimetière, l’école… Il crée une bibliothèque, une caisse de secours, une caisse d’épargne qui a permis à 700 ouvriers de devenir propriétaires de leur maison… Madame Emilie Marchand, sa belle-mère fit construire la Maison Sainte-Emilie d’après les plans du même Vopel, sur la butte de Sous le Bois. La place de l’Industrie agrémentée en 1830, d’un kiosque à musique était autrefois souvent animée par des fêtes populaires et des tournois de jeu de paume. En 1906, on y édifia une salle des fêtes dont la façade s’inspirait de celle de l’église : on y servit la soupe populaire en 1914, les cartes de ravitaillement en 1940. Menacée par le champignon, elle fut abattue en janvier 1964 et remplacée par le grand rectangle d’aujourd’hui inauguré en 65. Derrière cette salle des fêtes, se trouve la Place des Minières, située à l’emplacement de l’ancienne minière, c’est à dire la fosse d’où l’on extrayait le minerai de fer. On appelle aussi ces endroits « ferrières », à l’origine des noms de Ferrière-la-Grande et Ferrière la Petite. La petite rue du Skating tient son appellation d’un établissement qui, avant guerre, offrait une distraction à la mode : le patin à roulettes. La piste en bois était entourée d’une rampe sur laquelle, si l’on ne patinait pas, on s’appuyait pour regarder tourner les plus actifs en buvant un verre au son de la musique. Jean Mossay décrit ainsi les rues du quartier dans son Histoire du Faubourg de Sous le Bois : à la fin du siècle dernier, « les chemins d’alors, recouverts inutilement des crasses des usines, étaient de véritables fondrières. En quelques jours, on avait perdu la trace de ce semblant d’empierrement. Il fallait recommencer et rehausser tous les mois la route. Voilà pourquoi toutes les vieilles et basses maisons de la rue d’Hautmont se trouvent actuellement en contrebas. »

En 1884, on construisit la gare de Sous-le-Bois et on dévia la rue d’Hautmont qui traversait l’usine des Hauts Fourneaux. En 1906, la population du faubourg (7.638 habitants) dépassait celle du centre-ville. Trois ans plus tôt, la Société des Transports de Maubeuge avait acquis du département la concession des fameux tramways dont on a abattu les garages rue d’Hautmont. La ligne Maubeuge/Hautmont par Sous-le-Bois résista jusqu’en 1940.

Malheureusement la crise de l’industrie laissera ce quartier sidérurgique dans une situation extrêmement difficile économiquement et socialement.

Aujourd’hui, ce grand quartier de Maubeuge chargé d’histoire, constitué de 6 000 habitants se projette vers l’avenir. Tout d’abord du point de vue économique, puisque Sous-le-Bois est désormais en zone franche urbaine ce qui permet d’attirer de nouvelles activités économiques. Le lycée Lurçat, construit en 1994, permet de maintenir une activité permanente et la place de l’Industrie, lieu symbolique de ce quartier et nouvellement rénovée, amorce les changements à venir. La cohérence de tous ces aménagements met en perspective l’un des plus populaire quartier maubeugeois. Ainsi, la future rénovation du stade Léo Lagrange, le nouvel aménagement du parc du Tilleul, l’aménagement du Parc Saint-Emilie, le développement des services administratifs de proximité, avec la création d’une mairie annexe, encouragent les associations à s’investir encore davantage dans ce quartier. En effet, l’installation des conseils de quartier en 2001 dans le cadre de la démocratie participative permet véritablement aux habitants de Sous-le-Bois de s’impliquer et d’être acteurs des changements qui s’opèrent et de continuer à écrire l’histoire.

Les quartiers

retour accueil des quartier
 
 

Crédits - mentions légales